Les voces magicae
Des mots qui ne veulent rien dire dans aucune langue — et c'est précisément ce qu'on leur demande.
| Type | Charme et formule |
|---|---|
| Aire | Égypte gréco-romaine, puis Europe |
| Période | IIe siècle avant notre ère au XVIIIe siècle |
| Attestation | Papyrus magiques grecs ; amulettes gravées ; abracadabra chez Serenus Sammonicus (IIIe siècle) |
Les papyrus magiques grecs fourmillent de suites de syllabes sans sens : les voces magicae, ou nomina barbara. On a longtemps cherché à les traduire ; c'est une impasse. Leur intelligibilité n'est pas le but.
Plusieurs d'entre elles sont d'anciens noms divins déformés par la transmission — égyptiens, hébreux, araméens — dont l'origine s'est perdue mais dont l'étrangeté est devenue la qualité. D'autres sont des voyelles grecques alignées en séries, associées aux sept planètes.
Le cas le plus célèbre, abracadabra, apparaît au IIIe siècle chez le médecin Serenus Sammonicus, à écrire en triangle décroissant contre la fièvre. Son étymologie reste contestée ; ce qui est sûr, c'est qu'il est passé de la médecine antique à la scène de prestidigitation, ce qui résume assez bien le destin du genre.