Le Grand Albert
Un recueil de vertus des plantes et des pierres, devenu par le colportage le livre de magie du paysan français.
| Titre original | Liber aggregationis seu liber secretorum Alberti Magni |
|---|---|
| Auteur allégué | Albert le Grand |
| Auteur ou milieu réel | Compilateur anonyme, fin XIIIe ou XIVe siècle |
| Attribution | Pseudépigraphe |
| Datation | Texte latin de la fin du XIIIe siècle ; imprimé dès les années 1470 |
| Langue | Latin, puis français |
| Lieu | Europe, puis colportage français |
| Cote | GRI-003 |
Albert le Grand, dominicain, maître de Thomas d'Aquin, a écrit beaucoup — mais pas cela. Le Liber aggregationis est une compilation de « secrets » (vertus des herbes, des pierres, des animaux) qu'on lui attribue parce qu'il avait une réputation de savant universel, et que cette réputation vendait.
Son histoire réelle est une histoire d'imprimerie. Traduit, augmenté, découpé, il devient au XVIIIe siècle l'un des titres phares de la Bibliothèque bleue de Troyes — ces livrets à couverture de papier bleu vendus par les colporteurs. C'est à ce moment qu'il cesse d'être un traité savant pour devenir « le Grand Albert », le livre qu'on cache dans les maisons.
On ne peut donc pas le lire comme un témoin du XIIIe siècle : ce qu'il documente le mieux, c'est la culture imprimée des XVIIe-XIXe siècles.