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Sortilège

Le nouage de l'aiguillette

La ligature qui empêche le mariage de se consommer : l'angoisse la plus documentée de la France d'Ancien Régime.

Traditions du monde

Type Philtre et ligature
Aire France, Italie, Espagne
PériodeXVIe-XIXe siècle, avec un pic aux XVIe et XVIIe
AttestationBodin, De la démonomanie des sorciers, 1580 ; minutes de procès ; enquêtes de Sébillot

Le principe est celui du nœud : nouer un lien, c'est lier une fonction. Appliqué au mariage, il produit l'impuissance du marié ou la stérilité du couple. La croyance est si répandue aux XVIe et XVIIe siècles qu'elle modifie les usages : on se marie discrètement, on change l'heure, on ferme les portes.

Jean Bodin y consacre des pages, et les procès abondent. Ce que l'historien y lit n'est pas de la magie mais une manière de rendre dicible un échec sexuel dans une société où l'on ne pouvait pas en parler autrement — et de le rendre réparable, puisqu'un nœud se défait.

Le corollaire est sombre : quelqu'un a noué. L'accusation tombait volontiers sur une voisine éconduite ou une ancienne prétendante, et elle a envoyé des gens au bûcher.